Quantcast

Education

Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 07:15

Il y a quelques jours, une polémique est née concernant les inscriptions informatiques des terminales pour leurs études supérieures. Le site APB (Admission post-bac) ne permettait pas aux élves étrangers de s'inscrire dans certaines filières. S'agit-il d'une erreur technique ou d'une volonté délibérée d'écarter certains candidats ?

 

Certes, 7 millions d'emplois sont interdits aux étrangers non ressortissants de l'Union Eurpoéenne et cette pratique est autorisée par l'article L.225-3 du Code pénal. Mais rien ne l'autorise dans l'accès à la formation.

Or, cela a été le cas de nombreux lycéens qui ont voulu s'inscrire en apprentissage. Le message suivant suivant apparaissait lors de la tentative d'inscription "Seuls les candidats de nationalité française peuvent s'inscrire dans une formation en apprentissage."

 

Le message est d'autant plus troublant que la première réponse du Minsitère de l'enseignement supérieur était de dire que ces élèves ne pouvaient s'inscrire faute d'afoir un contrat de travail. Ce qui est une attitude discriminatoire au regard des articles L.225-1 et 2 du Code pénal. Heureusement que personne n'a porté plainte contre le Ministère, du moins à ma connaissance. La procédure aurait pu mettre à mal une institution qui représente la notion même d'égalité pour donner les moyens à chaque élève de réussir son parcours scolaire.

Valérie Pécresse a demandé au directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle de passer au crible toutes les procédures d'admission.

 

Cette histoire aurait pu en rester là. or, pour la deuxième fois en une semaine, l'administration publique est mise en cause dans des procédures discriminantes. Il y a quelques jours, je relatais l'omission de l'administration en charge du recensement du PACS dans la liste des situations matrimoniales. Oubli, lapsus révélateur, acte manqué ou volonté délibéré ? Difficile à dire, évidemment. Des interrogations subsistent sur les compétences ou les malveillances de l'Etat envers certaines catégories de personnes. Ce même Etat qui doit garantir le respect des valeurs fondamentales de la République Française : Liberté, Egalité, Fraternité.

 

Cette nouvelle polémique démontre la difficulté, encore aujourd'hui, de faire évoluer les mentalités de quelque bord que ce soit qui permettent de garantir l'égalité entre tous les citoyens vivant en France, dans la mesure des règles de respect de l'ordre public.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 17:54

Dans le cadre de sa politique d'égalité des chances, le ministère de l'Éducation nationale a auditionné des associations et des membres de la communauté éducative sur le thème des discriminations à l'École. A partir de ces témoignages, le document dégage des problématiques autour des formes de discrimination issues de la perception des personnes auditionnées. L'ensemble ne constitue pas une analyse scientifique, mais contribue par sa grande richesse, à la poursuite et au renforcement des actions ministérielles de prévention contre toutes les formes de discriminations.

 

Télécharger le rapport ici

 

Analyse du rapport sur le site du Café Pédagogique

 

Article du Monde sur le rapport


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 23:49

C'est le constat dramatique d'un dysfonctionnement généralisé, de la maternelle à la fin du lycée, que tire la Cour des comptes de son analyse du système scolaire français. Présenté mercredi 12 mai lors d'une conférence de presse, le rapport de la Cour (200 pages), intitulé "L'éducation nationale face à l'objectif de la réussite de tous les élèves", repose sur deux ans d'auditions des meilleurs spécialistes de notre système éducatif et une enquête de terrain dans 60 établissements de six académies (Aix-Marseille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Orléans-Tours, Montpellier, Paris et Versailles), ainsi qu'en Ecosse, Espagne et Suisse.

Contrairement à ce que pensent nombre de Français de leur école – et malgré un budget qui est le premier de l'Etat –, la politique de l'éducation nationale aggrave les inégalités et produit trop souvent de l'échec. Un constat dû en grande partie au fait que le système impose et empile d'en haut ses directives et ses réformes sans tenir compte des besoins de l'élève ni vérifier leur efficacité sur le terrain.

Un échec aussi à aller chercher dans le fait que "l'école secondaire est encore gérée sur la base de décrets datant de 1950, quand on avait 5 % de bacheliers !" Pour inverser la tendance et renouer avec la "réussite de tous les élèves", le rapport préconise de placer enfin réellement l'élève "au cœur du système", notamment en tenant compte de ses manques et de ses besoins.

D'autre part, en changeant radicalement d'approche dans la gestion du système : "Il est désormais impératif de remplacer la logique de l'offre scolaire – qui repose sur des moyens alloués en fonction des programmes : tant d'heures de cours, qui signifient tant d'enseignants, qui signifient tel budget –, par une logique fondée sur la demande, c'est-à-dire sur une connaissance nettement plus précise des besoins des élèves", insiste le rapport.

Au cours de leur enquête, menée de fin 2007 à septembre 2009, les conseillers de la troisième chambre ont ressenti "un grand intérêt du terrain, qui supplie que ça bouge, mais aussi un fort découragement et épuisement devant les effets d'annonce".

En conclusion, le rapport de la Cour énumère 13 propositions réparties en quatre grands chapitres. Elles vont de la reforme de la gestion du système éducatif à la révision de l'organisation des emplois du temps et des rythmes scolaires, en passant par la réorganisation des classes (quels élèves dans quelles classes ?), l'affectation des enseignants (quels enseignants devant quels élèves ?) et une refonte de l'aide apportée aux élèves en difficulté.

 

  • Une nouvelle gouvernance

Le rapport de la Cour des comptes, pointe un "hiatus" important entre les coûts et les performances de notre école : "La France est le pays de l'OCDE où le retard scolaire à 15 ans est le plus important (…), un de ceux où les écarts de résultats entre élèves se sont le plus accrus [et] où l'impact de l'origine sociale sur les résultats des élèves est le plus élevé ", souligne le rapport.

Si elle continue de la sorte, elle ne pourra jamais atteindre ses objectifs de 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac et 50 % avec un diplôme du supérieur. Aujourd'hui, la France est loin du compte, avec seulement 25 % d'une classe d'âge au niveau de la licence (bac + 3). Pour lutter contre l'échec scolaire, le rapport propose "d'accroître le financement du traitement de la difficulté scolaire à l'école primaire", où commence à se construire l'échec.

Il souligne aussi l'importance de "mettre fin à une allocation des moyens uniforme", sans prise en compte des écarts et des objectifs entre établissements. "Entre un lycée qui a 100 % de réussite au bac et un autre qui n'a que 40 % de réussite, il n'y a que 10 % d'écart dans les moyens horaires alloués", dénonce la Cour. Elle remarque au passage que le ministère ne connaît même pas précisément les coûts de sa politique de lutte contre l'échec, "ce qui empêche de déterminer quels dispositifs doivent être maintenus ou supprimés".

 

  • S'adapter aux besoins de l'élève

Dans ce domaine, tout est à revoir car l'élève, qui est prétendument au centre du système, est en fait "le dernier servi", dénonce la Cour. A commencer par le temps et les rythmes scolaires qui ne lui sont absolument pas adaptés. Surtout pour ceux déjà en difficulté, qui peuvent dépasser la journée de six heures de cours quand ils ont aussi à suivre ceux de soutien scolaire, en sus des heures de cours ordinaires.

Les redoublements, qui sont le plus souvent inefficaces et coûteux, devraient être revus à la baisse et les économies ainsi faites allouées "au financement d'actions d'accompagnement personnalisé". Il faut "arrêter de dire que tous les élèves doivent avoir le même nombre d'heures de mathématiques et que le soutien est le même pour tout le monde", martèle Jean Picq.

Pour le président de la troisième chambre de la Cour des comptes, rédactrice du rapport, "l'égalitarisme de notre système maintient l'inégalité". La composition des classes est aussi visée par le rapport, qui note que leur "hétérogénéité est plus vécue comme une contrainte que comme un objectif louable".

La Cour pointe encore du doigt une orientation qui se fait par défaut et sur la base de l'échec. La troisième chambre, confirme ce qu'elle avait été la première à pointer, dans un précédent rapport : le risque de ghettoïsation des établissements les plus difficiles qui voient fuir leurs meilleurs élèves du fait de l'assouplissement de la carte scolaire.

 

  • Des enseignants plus efficaces

Dans son rapport, la Cour relève que l'affectation des enseignants n'est pas faite en fonction de leurs compétences et des élèves qu'ils auront en face d'eux. Il faut, dit-elle, "définir un cadre réglementaire conforme à la diversité de leurs missions" : enseignement disciplinaire, mais aussi coordination des équipes pédagogiques, accompagnement personnalisé (suivi, aide méthodologique, dispositids spécifiques, conseil en orientation…). "Un accord annuel arrêté entre les enseignants et les responsables des établissements [devrait] définir les modalités pratiques de répartition de ces missions", estime le rapport.

 

  • Des établissements responsabilisés

La Cour demande "que ce soient les équipes pédagogiques qui déterminent les modalités de répartition des moyens d'enseignement et d'accompagnement personnalisé". Une mesure révolutionnaire que le ministère ne peut accepter, car elle reviendrait à le destituer.

Enfin, elle propose de systématiser les affectations "sur profil" des responsables et des enseignants des établissements les plus difficiles, et de les évaluer à partir des "bonnes pratiques relevées en France et à l'étranger".

Le rapport de la Cour sort une semaine après celui de l'Institut Montaigne sur l'école primaire. Beaucoup plus complet, il enfonce le même clou : la réforme de fond en comble de notre système scolaire est urgente. Surtout quand on est supposé élaborer une société de la connaissance.

Reste à savoir si le ministère aura le courage de s'y atteler, tant le changement de cap implique de changements en matière de politique éducative.


Source : www.lemonde.fr

 

Télécharger le rapport de la Cour des Comptes


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 08:53

Dans le cadre de la politique globale de promotion de l'égalité des chances, le ministère de l'Éducation nationale relance sur le site Éduscol son dispositif d'information et d'engagement contre toutes les formes de discriminations.

 

Le rôle de l'école est rappelé et souligné : promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, faire prendre conscience des discriminations, sensibiliser au respect des différences et faire reculer les stéréotypes. Au sein des établissements, des actions de prévention sont mises en place pour combattre les atteintes à l'intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences sexistes et homophobes.

 

Pour ce faire, un numéro Azur, ligne téléphonique d'information, d'écoute et de soutien à destination des jeunes et dédiée à leurs questionnements sur l'orientation sexuelle, est opérationnel depuis mai 2009. Le printemps 2010 est l'occasion de remettre à l'honneur ce dispositif et d'informer les collégiens et les lycéens de l'existence de ce numéro via des affiches diffusées dans les établissements scolaires et des cartes mémo mises à leur disposition. Le numéro Azur est joignable au 0810 20 30 40 tous les jours de 8 heures à 23 heures.

 

Des documents pour aider les élèves sont en ligne sur le site pédagogique du ministère de l'Éducation nationale.

Il est par ailleurs suggéré l'intervention en milieu scolaire d'institutions et d'associations spécialisées en la matière et notamment SOS Homophobie et Contact qui ont reçu un agrément national en 2008. La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) a également publié un outil de formation contre les discriminations en partenariat avec le ministère de l'Éducation nationale.

 

Pour en savoir plus : Eduscol et homophobie : savoir et réagir


Vous pouvez également télécharger la brochure "Homophobie : savoir et réagir"

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés