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Médias

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 18:45

Pour tout professionnel qui se respecte, internet est aujourd'hui un outil indispensable pour se faire cconnaître et reconnaître (dans un domaine d'expertise entre autres). Mais, il est de plus en plus difficile de faire le tri de l'information pour ne garder que ce qui est pertinent concernant un sujet d'actualité. La discrimination n'échappe pas à cette règle.

 

C'est pour cela que j'ai décidé d'ouvrir une page scoop.it (agrégateur d'information) sur le thème de la discrimination. Vous y retrouverez un des articles de divers sites internet abordant la discrimination sous tous ses aspects. Parce que l'actualité est riche en ce début d'année 2012, notamment en raison de décisions judiciaires importantes et pour vous permettre de vous tenir informé sur les discriminations, cette nouvelle page vous apportera un complément à ce blog.

 

Par ailleurs, prochainement, le blog sera entièrement refait pour pour plus de clarté et plus de facilité de navigation.

 

Bonne lecture à toutes et à tous !


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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 10:01

Une  affaire de racisme a fait la une des médias ces derniers jours concernant des injures racistes proférés par un ophtalmologiste d'Aix envers un père qui accompagnait sa fille pour se faire ausculter.

L'ophtalmologiste ayant du retard, le père arrive dans le cabinet pour demander quand sa fille serait prise car ce père avait des rdv professionnels. C'est à ce moment que l'ophtalmologiste lui aurait proféré des injures racistes.

La Justice a classé sans suite l'affaire faute de preuves concernant l'infraction d'injures racistes.

 

De ces faits, a priori, a découlé une affaire médiatique que j'appellerai d'histoire médiatique type dans lequel le manque de recul et la non maîtrise du problème dominent.

 

En effet, on peut relever différents points d'analyse qui portent défaut au fond de l'histoire et où les différentes parties ont souffert de cet emballement médiatique.

 

1/ emballement médiatique et associatif sans réserve

Dès la révélation dans les médias de cette affaire une association de lutte contre le racisme s'est tout de suite porté au secours du père insulté en affirmant que c'était scandaleux (vérifier les propos) que ce genre de comportement devait être condamné vigoureusement. Les médias en font leurs choux gras sans prendre le temps de la prise de recul nécessaire quant à l'événement. Car tout affaire de racisme et/ou de discrimination nécessite un discours et un comportement prudent car dans le passé les médias se sont parfois emballés trop vite, à tort.

Par exemple, l'affaire du RER B où une jeune femme avait déclaré avoir subi une agression à caractère raciste alors qu'elle avait inventé cette histoire de toute pièce et dont le battage médiatique avait été immense alors que l'enquête judiciaire n'était pas encore terminé. les politiques s'étaient également engouffré dans l'histoire dénonçant un acte d'une rare barbarie. Pour mémoire, seul Jean-Paul Huchon avait fait preuve de prudence en disant espérer que cette histoire était réelle. La suite de l'affaire lui avait donné raison.Le principal problème de ce genre de mensonge est que cela dessert la lutte contre le racisme et les discriminations car cela engendre une confusion et une méfiance vis-à-vis de ce genre de comportement. C'est aussi pour cela que la législation en la matière est si sévère car ces actes sont inacceptables et à l'encontre de nos principes républicains. C'est aussi pour cela que le législateur a adopté une mesure d'aménagement de la charge de la preuve dans la procédure civile pour une affaire de discrimination car ces actes sont difficiles à prouver.

 

Cela m'amène au point suivant : la confusion entre racisme et discrimination.

 

 

2/ Racisme, discriminations; quelles définitions ?

Souvent on confond les deux notions alors que juridiquement ils recouvrent deux champs bien distincts dont le point commun est la discrimination à caractère raciste. La preuve avec l'image ci-dessous extrait d'un site internet d'une chaîne de télévision où l'on peut lire "Discrimination : insulté de "sale arabe" par son médecin"

 

discrimination-racisme.jpg

 

Une grosse erreur apparaît dans cette image puisque "insulte" et "discrimination" ne vont pas ensemble. Explications :

 

Le racisme est une idéologique vise à considérer l'existence de races entre les êtres humains dont certaines se croient supérieures à d'autres et se donnent le droit de dominer les races qu'elle considère comme inférieures (ex : l'esclavage noir, la Shoah, le génocide rwandais).

Dans le Code Pénal, le racisme est défini comme suit : ensemble de comportements et d'attitudes visant à la dévalorisation et au rejet d'individus en raison de leur origine, réelle ou supposée, et plus directement de toute une série de caractéristiques sensibles qui sont : l'appartenance ethnique, la nationalité, la religion et la "race"  (race est utilsé dans les textes juridiques suite aux différents textes internationaux faisant référence à "human race".

Ce qui est donc condamné, en France, sont des actes tel que : injure raciste, diffamation raciste, contestation de crimes contre l'humanité, profanation de sépultures...). Depuis 2003, divers délits et crimes commis pour un mobile raciste est considéré comme une circonstance aggravante.

Le racisme est un délit pénal, en France, depuis la loi Pleven du 1er Juillet 1972.

 

La discrimination est un délit pénal défini à l'article 225-1 et suivants du Code Pénal. Est considéré comme une discrimination tout acte visant à traiter différemment une personne ou un groupe de personnes à raison deleur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs moeurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

Par ailleurs, la discrimination est condamnable lorsqu'elle vise à refuser la fourniture d'un bien ou d'un service, à entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque, à refuser d'embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne, à subordonner la fourniture d'un bien ou d'un service à une condition fondée sur l'un des éléments visés à l'article 225-1, à subordonner une offre d'emploi, une demande de stage ou une période de formation en entreprise à une condition fondée sur l'un des éléments visés à l'article 225-1, à refuser d'accepter une personne à l'un des stages visés par le 2° de l'article L. 412-8 du code de la sécurité sociale.

Pour qualifier un acte comme discriminatoire, l'acte doit correspondre à au moins l'un des critères et à au moins l'un des domaines susvisés. Donc, s'il n'y a pas un critère et un domaine il n'y a pas discrimination, juridiquement parlant.

 

On comprend donc, par ces définitions que la différence principale entre le racisme et la discrimination est que le premier est d'abord une idéologie pouvant se traduire par des actes, alors que le deuxième est un acte qui n'est pas forcément porté par une idéologie.

 

Cela me semble d'autant plu important de préciser ces notions que la HALDE est victime de cette confusion puisque, chaque année, bon nombre des signalements qu'elle reçoit pour, a priori,  des discriminations n'en relèvent pas.

 

 

3/ Le poids des stéréotypes et des préjugés

Dans plusieurs articles traitant de cette affaire, les journalistes précisent le métier de ce père de famille. Pourquoi ? Quel intérêt pour le traitement de l'information ? Cela me questionne car cela veut peut-être révéler que ce père de famille contrairement, aux autres issues de la même origine, est une personnes cultivée, ayant une situation socio-économique stable. Et donc, pour ne pas stigmatiser la population d'origine maghrébine, les journalistes ont précisé son métier. Mais n'est-ce pas stigmatiser encore plus la population maghrébine en précisant son métier ?

C'est comme lorsque, pour traiter, d'actes de délinquance, les médias vont préciser l'origine ethnique du ou de la délinquant(e) si cette personne est noire, asiatique, maghrébine... mais jamais lorsque le délinquant est blanc. En quoi cette information sur l'origine ethnique est pertinente pour le lecteur si ce n'est stigmatiser une population ?

 

 

4/ le fond de l'affaire

Sans vouloir porter un jugement sur cette affaire, il faut se poser la question suivante : est-ce que les injures racistes ont été proférés ?

 

- Oui ? les injures ont été proférés, mais les personnes présentes ont refusé de confirmer ces propos auprès de la police, de peur de représailles pour les salariés du cabinet médical ou de conflit entre l'ophtalmologiste et ses collègues. Dans ce cas, le fait de cautionner les propos racistes est grave car cela ne fait que conforter le racisme ambiant dans notre société de ces derniers mois. Et pour le père de famille, cela signfie refuser de reconnaître les injures subies et  une non reconnaissance de la souffrance vécue suite à ces injures. +

- Non ? les injures n'ont pas été proférées et là nous avons à faire face à un père de famille qui, parce qu'il n'a pas accepté de se faire rejeter par l'opthamologiste qui était, a priori, en consultation, et donc a voulu se venger, car il n'acceptait d'avoir son rdv en retard. Dans ce cas, l'attitude de ce père de famille serait dangereuse pour la lutte contre le racisme et ferait perdre toute légitimité au travail réalisé par les associations de lutte contre le racisme. Ce qui légitimerait la procédure de l'opht

 

En tout cas, cette affaire révèle la difficulté de traiter ce genre d'informations qui nécessite une maîtrise des notions de racisme et de discrimination qui fait, hélas, parfois défaut aux médias qui, à leur décharge, n'ont pas forcément le temps de traiter dans les meilleures conditions ces informations.

Pour ce qui est des parties concernées, quoiqu'il se passe, par la suite, ils seront affectés à vie par cette histoire et cela est bien dommage.


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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 18:11

La commission “Médias et diversités”, présidée par Bernard Spitz, a présenté son rapport final à Yazid Sabeg, Commissaire à la diversité et à l’égalité des Chances, le 27 mai dernier.
Elle insiste sur cinq objectifs prioritaires selon elle, parmi lesquels figurent :

  • l’incitation des entreprises de médias à s’engager pour la diversité,
  • la généralisation de la transparence dans les recrutements afin d’assurer leur diversité,
  • l’incitation à la production et à la distribution d’œuvres françaises favorisant la diversité.

Télécharger le rapport "Médias et diversités"


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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 00:32

L’affaire Laurence Ferrari fait grand bruit sur le net. De nombreux articles et points de vue peuvent y être trouvés.


Pour ma part, je vais essayer de donner l’ensemble des éléments de réflexion en faisant attention à ne pas faire d’amalgame. Car cette affaire n’est que l’énième illustration d’un double problème : la stigmatisation de l’Islam et son traitement médiatique.

 

Premièrement, le fait de porter le voile islamique en Iran est une obligation, sous peine d’emprisonnement, pour les femmes depuis 1981. En tant que tel, Laurence Ferrari n’a pas d’autre choix que de le porter. Même si cela peut choquer notre culture occidentale (ainsi que des musulmans et musulmanes qui ne sont pas d’accord avec cette interprétation de l’Islam) et que l’on peut dénoncer le caractère anti droitdelhommiste, il est normalement impossible de s’ingérer dans les affaires d’un Etat.

Premier amalgame : voile et foulard. Souvent, les médias confondent les termes et font des amalgames alors que ces tenues revêtent des significations bien distinctes.

 

Deuxièmement, la France, par sa Constitution, permet la liberté de croyance. En tant que tel, l’Islam a toute possibilité de s’exprimer, dans la mesure du respect des lois républicaines. Ainsi, si une femme a le souhait de porter le voile ou le foulard car cela correspond, selon elle, aux principes de l’islam. C’est son droit. Cela pose des questions culturelles, mais juridiquement, il n’y a pas débat.

Deuxième amalgame : il ne faut pas oublier que l’extrémisme religieux catholique ou juif existe aussi en France mais (mis à part le récent reportage des Infiltrés sur France 2) ne fait pas l’objet d’un tel battage médiatique. Ce qui rend la compréhension et la réflexion sur ce phénomène difficile.

 

Finalement, l’affaire du foulard de Laurence Ferrari n’est-ce pas avant tout une affaire d’audience et donc d’argent ? Nous le savons, ce genre d’histoire fait le buzz sur le net plus vite qu’il n’en faut pour le dire. En somme, n’est-ce pas là le vrai sujet du débat autour du port de ce foulard. Ainsi que sur la pertinence de réaliser cette interview. Je n’ai pas eu l’occasion de suivre l’interview et donc je m’abstiendrai  pour donner mon avis. Mais, je doute que la direction de l’information TF1 se soit imaginée que cela ne ferait pas beaucoup de bruit… pour rien ?


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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 18:29

DANS LES 47 ETATS MEMBRES DU CONSEIL DE L’EUROPE,

LA DISCRIMINATION EST UN DÉLIT

VOUS POURRIEZ ÊTRE LA PROCHAINE VICTIME OU LE PROCHAIN TÉMOIN, ALORS

DITES NON À LA DISCRIMINATION !

 

C’est le grand message de la campagne du Conseil de l’Europe contre la discrimination, destinée principalement aux professionnels des médias et qui se donne pour missions :

 

1. de former les professionnels des médias au traitement de l’actualité relative à la discrimination et au dialogue interculturel ;

2. d’aider les personnes issues de minorités à faire entendre leur voix en facilitant leur accès aux métiers des médias et à la production médiatique ;

3. d’informer l’opinion publique sur les politiques de lutte contre la discrimination.

 

Cette campagne axée sur le rôle des médias dans une Europe multiculturelle tire son origine du Livre blanc du Conseil de l’Europe sur le dialogue interculturel « Vivre ensemble dans l’égale dignité ». Ce document qui s’adresse au grand public – en particulier aux victimes de discrimination – présente un ensemble d’actions de communication conçues pour sensibiliser le public à la lutte contre la discrimination en Europe.


Télécharger la plaquette d'information à destination des médias


 


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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 09:28


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a remis au président du Sénat et au président de l’Assemblée nationale son premier rapport annuel sur l’action des chaînes de télévision en faveur de la représentation de la diversité de la société française. Ce rapport annuel a été institué par la loi du 5 mars 2009 ( article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986).
 
Le Conseil rappelle que la promotion de la diversité exige une action volontariste et continue pour être définitivement inscrites à l’écran. Il utilise l’ensemble des compétences que la loi lui a attribuées en luttant notamment contre les préjugés et les points de vue stéréotypés. Il intervient dès qu’un programme véhicule des propos discriminatoires ou racistes, comme il l’a récemment rappelé dans son rapport au Premier ministre sur « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur les médias relevant de la communication audiovisuelle ».
 
La réalisation d’études quantitatives a contribué à faire prendre conscience de l’ampleur du chemin à parcourir. La publication régulière de nouvelles données est nécessaire pour assurer le suivi des initiatives et des engagements ; elle doit être associée à des études qualitatives concernant certains genres de programmes (information, fiction, divertissement, etc.).
 
Pour le Conseil, la promotion de la diversité doit également être accompagnée de mesures incitatives. Le dispositif d’aides de la commission « Images de la diversité » du Centre national du cinéma et de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances doit être renforcé. De même, afin que les programmes soutenus financièrement bénéficient de la meilleure exposition, il pourrait être envisagé un système de bonification lors de l’appréciation du respect des quotas de diffusion aux heures de grande écoute.
 
Le Conseil rappelle que toutes les chaînes de télévision ont pris devant lui des engagements afin de contribuer à l’amélioration de la représentation de la diversité. Parmi ces engagements figurent l’introduction d’une clause de non-recul par rapport à 2008 et une clause de sensibilisation à la diversité dans les contrats de commande de programmes, ainsi que des actions de sensibilisation des rédactions.
 
Le Conseil réalisera chaque semestre, au cours des trois prochaines années, un baromètre de la diversité afin d’apprécier l’efficacité des efforts engagés par les diffuseurs. Il présentera son prochain bilan au premier semestre 2011.

 

Télécharger le rapport


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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 17:16

Voici une histoire en provenance d'Agen sur une discrimination dite ordinaire, du moins, tel que ça a été rapporté par le (la) journaliste de la Dépêche. Ordinaire parce que la situation du protagoniste n'est pas comme toutes celles qui sont médiatisées, mais sur un critère dont on parle peu : l'état de santé. A la première lecture, je me suis dit "Eh oui encore une personne victime de ce fléau. Tant mieux que l'on parle des problèmes de santé comme critère de discrimination dans la presse. C'est si rare."


Voici l'article :

"C'est un cas de discrimination ordinaire, comme il s'en produit communément, situations la plupart du temps tues par les victimes. Ce qui est moins courant, c'est le motif de ce traitement du fait d'une différence.

Cet Agenais, que nous appellerons Julien pour préserver son anonymat, n'est ni Noir, ni Maghrébin. Son orientation sexuelle est dans la « norme ». Il n'est pas obèse, pas davantage handicapé physique. Tout comme il faut, juste différent comme tout le monde.

Mais Julien est soumis à une obligation de soins, ordonnée par la justice suite à un délit routier lié à l'alcoolémie. Pas un alcoolique d'habitude, plutôt un type qui a dérapé, jusqu'à se retrouver dans cette situation. De ce fait, et pour un temps, il se rend régulièrement dans un centre de soins agenais où il en profite pour exposer ses difficultés. Le jeune homme cherche un logement. La structure de soins met un téléphone à sa disposition, qu'il utilise pour répondre aux annonces de location.

C'est ainsi qu'une propriétaire contactée rappelle à ce numéro, pensant joindre le demandeur, qui lui avait signifié son intérêt pour le logement proposé. Mais c'est la secrétaire du centre de soins qui décroche : « Centre d'addictologie, bonjour… ». Et la dame de percuter aussitôt : « Ah, je comprends, ce monsieur est alcoolique ! Désolée, je ne peux pas louer à des gens comme ça… » L'employée de la structure tente de s'expliquer avec l'interlocutrice, sans succès. « N'insistez pas. J'ai été infirmière, les alcooliques, je sais ce que c'est (sic) ».

Ni Noir, ni Maghrébin, ni homosexuel, ni obèse, pas handicapé pour un sou, juste obligé de soins, Julien n'aura quand même pas son appart. Elle n'est pas moche, la vie ?"


Et puis, je me suis posé la question suivante : En quoi la situation de cette personne est-elle ordinaire ? Est-ce ordinaire par rapport aux milliers de personnes qui, au quotidien, subissent la discrimination ? Ou bien est-ce ordinaire parce que ce n'est pas un noir, une femme, un handicapé, un homosexuel, qui on le sait, sont les premières victimes de la discrimination.

 

Ne devrait-on pas parler d'une situation extraordinaire, dans la mesure où nous vivons dans une société qui revendique le droit à l'égalité ? Ceci est la preuve de la difficulté, encore aujourd'hui, de dénoncer une pratique qui va à l'encontre de notre pacte républicain.

 

Je trouve cet article d'autant plus intéressant que, ce matin, sur France-Info, la chronique du médiateur de Radio France était sur le thème des mots employés par les journalistes. Notamment étaient dénoncé une mauvaise utilisation des termes foulard et voile, qui concernent deux modes vestimentaires différents mais dont l'usage, par les journalistes, n'est pas toujours fait à bon escient.

L'autre terme était : bande de jeunes. Ce terme est souvent utilisés pour qualifier des pratiques délinquantes. Et ce qui est dénoncé par les auditeurs est la stigmatisation d'une catégorie de population alors que tous les jeunes n'ont pas tous des pratiques délinquantes. Il était donc demandé aux journalistes de veiller à préciser la catégorie dont ils parlent tel que jeunes voyous. Et là, je ne suis pas tout à fait d'accord. Le simple fait de parler de jeunes, même en y adjoignant un autre terme, conserve un côté très stigmatisant pour cette tranche de population. Ayant été jeune, à une époque, cela m'a toujours dérangé de me retrouver amalgamer dans les médias en raison de mon âge. Ne pourrait-on pas parler simplement de voyous ou de délinquants,  qui me semble être le terme le plus adéquant lorsqu'une infraction à la loi est commise. On parle bien de délinquant de la route, mais on ne parle jamais de vieux délinquant ?


Même si je salue l'initiative du médiateur qui, dans cette situation, joue pleinement son rôle, ce sujet montre également le chemin qui reste à parcourir pour faire évoluer les préjugés et les stéréotypes dans les médias.



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