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Laïcité

Mercredi 1 août 2012 3 01 /08 /Août /2012 16:55

En début de semaine, les médias relayaient cette nouvelle affaire concernant la pratique du Ramadan dans les centres de vacances. Comme à leur accoutumé, les médias ont évoqué les centres de vacances pour traiter d'un fait divers. Combien de cenrtes ne connaissent aucun problème, où tout se passe bien dans le respect de chacun ?

Mais là n'est pas la question, du moins pas complètement.

L'affaire de Gennevilliers révèle une nouvelle fois l'incapacité de nombreux employeurs à traiter la place de religion dans le cadre du travail, en général, et dans le domaine de l'animation en particulier.


Rappel des faits

Suite à la visite du responsable du service jeunesse de Gennevilliers dans un centre de vacances, celui-ci a suspendu le contrat de travail de trois des animateurs et un directeur-adjoint du séjour car ils jeûnaient. Or, dans leur contrat de travail, l'article 6 stipule l'obligation de "s'hydrater et s'alimenter correctement". Le responsable du service a appliqué le contrat de travail.

La polémique qui s'en est suivi concerne la légalité de cet article. Car, le fond du problème est le suivant : est-il compatible de travailler dans l'animation - qui est une activité fatigante physiquement et nerveusement - tout en faisant le Ramadan ? Pour la mairie de Gennevilliers, la réponse est non.

La Mairie s'appuie sur un fait divers qui s'est déroulé deux ans auparavant où une animatrice aurait eu un accident de voiture, avec des enfants ayant eu des blessures, suite à un malaise car elle jeûnait. Suite à cet événement tragique, la Mairie a décidé de se protéger et protéger les enfants en obligeant les animateurs à s'alimenter.

 

Analyse

Suite aux multiples réactions, la Mairie de Gennevilliers a décidé ce matin de revenir sur sa décision. Choix, à mon sens sage, car leur vision du travail aurait très bien pu être considérée comme discriminatoire vis-à-vis des musulmans. Le Défenseur des Droits et le tribunal administratif auraient sûrement donné raison aux animateurs.


Pourquoi ? L'animation est une activité volontaire ou professionnelle très prenante physiquement et nerveusement. L'évolution législative a conduit de nombreux organisateurs à privilégier la sécurité physique et affective des enfants (les médias jouant le rôle de catalyseur en n'évoquant les centres de vacances qu'à travers les faits divers).

Depuis, 2010, le Ramadan se déroule durant la période des vacances d'été. Le public animateur étant varié, il y a une partie de cette population qui est de confession musulmane, dont certains revendiquent le droit de faire le Ramadan tout en faisant de l'animation. Il ne faut pas oublier que d'autres animateurs musulmans préfèrent ne pas travailler pour faire leur Ramadan et enfin certains préfèrent travailler plutôt que de faire le Ramadan.

Alors comment faire face à cette situation lorsque l'on est organisateur de centre de vacances ? L'obligation de sécurité des enfants est une chose mais l'est également auprès de l'équipe d'animation. La question du Ramadan n'est qu'un révélateur d'une problématique générale sur le rythme de vie et de travail des animateurs.

 

Proposition de solution

Alors comment faire pour ne pas discriminer les musulmans d'une part, mais en même temps poser des règles de travail commune à l'ensemble de l'équipe d'animation ?

Pour ma part, en tant que directeur, voici ma démarche :

- j'accepte par principe qu'un(e) animateur(rice) fasse Ramadan pendant le séjour, pour ne pas discriminer en amont.

- j'échange avec cet(te) animateur(rice) sur ses capacités physiques et lui rappelle que je me dois d'assurer sa sécurité dans le travail.

- en réunion de préparation, j'impose un ensemble de règles de travail pour l'ensemble des adultes présents avec un article écrit ainsi : " être en capacité physique et mentale d'assurer la sécurité physique et affective des enfants".

- ce règlement est expliqué et signé par l'ensemble de l'équipe.

 

Cette démarche fonctionne plutôt bien parce que je ne stigmatise personne en particulier, contrairement à la Mairie de Gennevilliers qui fait référence indirectement au Ramadan. Cela me permet d'être vigilant vis-à-vis des animateur(rice)s effectuant le Ramadan mais aussi auprès des animateur(rice)s qui se couchent trop tard le soir car ils font la fête chez eux, par exemple.

 

En conclusion, depuis trois ans, j'ai eu plus à faire des remarques animateurs un peu trop fêtards qu'aux animateurs effectuant leur Ramadan.

 

Pour aller plus loin

Etude sur la mise en oeuvre du principe de laïcité dans l'animation, Eligi Formation, 2011


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Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 13:16

Suite à la présentation de mon travail sur la mise en oeuvre de la laïcité dans l'animation le 14 avril dernier - qui a connu un certain succès - vous pouvez dorénavant retrouver la publication de cette étude en ligne sur ce blog.

 

Télécharger l'étude "Laïcité, religion, animation : quel cadre pour répondre aux besoins d'aujourd'hui"


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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 16:57

Directeur volontaire d'accueils de loisirs pour mineurs, j'ai eu à gérer l'an dernier la question du Ramadan. Source de beaucoup de débats au sein de l'équipe de direction, nous avons mis en place un dispositif équilibré prenant en compte les revendications religieuses, dans la mesure du possible, mais aussi rappelant le cadre légal d'obligation de neutralité pour les personnels encadrants. Cette expérience m'a donné l'envie d'approfondir la question.

 

Depuis octobre 2010, j'ai rencontré une dizaine de communes pour faire un état des lieux sur la mise en oeuvre de la laïcité dans leurs structures de loisirs. De nombreuses problématiques ont émergé, parfois conflictuelles, sans que les services municipaux sachent toujours comment réagir.

Ces entretiens complètent une recherche documentaire sur la question pour apporter des solutions, quand cela est possible.  Du moins ouvrir, j'ai cherché à dégager des pistes de réflexion pour aider les communes à trouver les solutions garantissant le vivre-ensemble entre ses concitoyens.

 

Je présenterai les résultats des mes recherches le Jeudi 14 Avril 2011 à la Halle aux Toiles de Rouen (Place de la Basse-Vieille-Tour) de 9h30 à 12h en salle de réunion n°10.

 

N'hésitez pas à diffuser cete invitation à toute personne qui pourrait être intéressée par ce sujet.

 

Télécharger l'invitation et le coupon-réponse

Télécharger le plan pour se rendre à la Halle aux Toiles


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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 14:49

La HALDE a été saisie, à plusieurs reprises, au sujet du port des signes religieux. A partir de ces situations, le nouveau président, Eric Molinié, organise ce lundi un collège thématique sur ce thème.

La place de la religion dans notre société reste très floue. La notion de laîcité l'est encore plus pour n'imorte quel quidam. Entre ceux qui ont le droit et ceux qui n'ont pas le droit de porter de signes religieux dans leur activité professionnelle, les espaces publics qui autorisent et ceux qui interdisent, légalement, le port de signes religieux, il est très difficile d'y voir clair et la Justice n'est pas forcément aidante dans les décisions qu'elle rend à ce sujet.

 

Il faut concevoir la religion comme un élément inhérent à l'être humain. On y croit ou on n'y croit pas. Ces deux postures sont parfaitement respectables. Ce qui rend la place de la religion difficile en France, c'est la loi sur la laïcité de 1905 et, plus particulièrement, son application. Beaucoup de gens pensent que la laïcité c'est l'interdiction des religions. Ce qui est faux. La loi de 1905 a un double objectif : séparer l'influence du pouvoir religieux sur la sphère publique et politique. L'Etat est donc religieusement neutre. Ses agents se doivent donc de l'être. Mais, cette loi garantit également le respect de toute philosophie religieuse, sans discrimination, dans la mesure où cela ne porte pas atteinte à l'ordre publique. Cela explique que l'on peut être athé(e), catholique, musulman(e), juif(ve) et pouvoir vivre sa religion comme on l'entend, dans le respect des règles de droit. Beuacoup de pays sont en lien direct avec la religion. Par exemple, aux Etats-Unis, toute personne prêtant serment au tribunal le fait sur une bible. Sur les billets de banques américains est écrit "In God we trust". Rien de tout cela n'est présent en France au nom du principe de laïcité et de neutralité de l'Etat.

L'autre élément important est que la loi de 1905 a été adoptée à une époque où la religion catholique était dominante. Aujourd'hui, nous vivons dans une société multiconfessionnelle. Ce qui implique de nouvelles problématiques face à des revendications religieuses nouvelles et sur lesquelles, personne n'a de positionnement clair.

 

Cette confusion engendre un racisme anti-clérical quand il n'est pas clairement ethnique. Différentes affaires médiatiques ont stigmatisé une religion en particulieur : l'Islam, que l'on associe bien volontiers à une communauté ethnique qui, elle-même, est stigmatisée depuis des décennies par la France (cf. le documentaire Paris Couleurs  de Pascal Blanchard et Eric Deroo). Or, une connaissance fine de la loi de 1905 permet de faire la distinction entre croyances religiueuses, neutralité, laïcité. Ce tryptique doit être la base de toute réflexion sur la place de la religion dans une organisation professionnelle privée ou publique.

 

Je travaille actuellement sur une étude sur la place de la religion dans les centres de loisirs municipaux et intercommunaux. Cette étude née de mon expérience de directeur de centre de loisirs a commencé l'an dernier où j'ai dirigé un centre de loisirs en août. Le calendrier fait que le Ramadan commençait durant le mois d'août et j'ai donc été confronté à la demande d'animateurs d'effectuer le Ramadan durant le séjour. Au sein de l'équipe de direction, de nombreux débats  avec des échanges parfois vifs m'ont révélé le manque de maîtrise sur ce sujet car, finalement, cette question de la laïcité ne s'était jamais réellement posé. Dans mes différents entretiens, j'ai pu constater que certains organisateurs devaient y faire face depuis plusieurs années, sans jamais réllement travailler le sujet. Or, le Ramadan va avoir lieu pendant les vacances d'été jusqu'en 2016. Les organisateurs de centres de loisirs se retrouvent donc au pied du mur face à des revendications toujours plus importantes dû au mnaque de positionnement politique des élus et des services sur la laïcité et sa mise en oeuvre dans ces structures.

Dans la structure que j'ai dirigés, le choix qui a été fait était de ne surtout pas répondre à répondre à une revendication religieuse mais mettre en place des règles de travail valables pour toutes et tous. Entre autres, un règlement intérieur a été réalisé dans lequel était précisé le point suivant : tout(e) animateur(rice) doit être en capacité physique d'assurer la sécurité physique et affective des enfants. Cela signifiait que chaque membre de l'équipe d'animation devait être au top physiquement. En cas d'écart, cela vaudrait à un avertissement. Cette règle encadrait le choix de certains animateurs de faire le Ramadan. Ils pouvaient le faire, à condition, de gérer leur rythme de vie. Ce qui, au final, a été le cas, puisque j'ai effectué qu'un seul rappel à cette règle pour un animateur un peu trop fêtard !

Cet exemple illustre, à mon sens, toute la complexité mais aussi toute la richesse qu'apporte cette réflexion sur l'organisation d'un centre de loisirs pour qu'il soit réellement respectueux de chacun(e) dans un cadre avec des règles communes pour toutes et tous.

 

Rappel de certaines délibérations de la HALDE :

 

- Délibération relative aux règles fixées par la loi et la jurisprudence pour l’expression religieuse dans l’entreprise n° 2009-117 du 06/04/2009

- Délibération relative à une clause du règlement intérieur d’une entreprise visant à règlementer les tenues vestimentaires et le port de signes religieux n° 2009-22 du 26/01/2009

- Délibération relative au port du niqab au sein d’un établissement public de santé n° 2007-210 du 03/09/2007

 

Edit du 28 Février :

La HALDE a décidé de reporter au 21 Mars sa délibération sur discrimination et religion car le Collège de la HALDE souhaite prendre le temps d'auditionner encore un certain nombre de personnes.


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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 06:45

Le tribunal administratif d'Amiens a interdit l'installation d'une crèche de Noël sur la place du village de Montiers (Oise), au nom du principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat, a-t-on appris lundi 6 décembre auprès de la municipalité.

 

La décision d’installer une crèche sur la place de cette commune de 450 habitants avait été prise par le conseil municipal en octobre 2008.
Mais l’ancien maire, Claude Debaye, avait aussitôt contesté cette décision, déposant une requête auprès du tribunal administratif d’Amiens, au nom de la loi de 1905 et du principe de laïcité.

Le tribunal administratif lui a donné raison en novembre, annulant la délibération du conseil municipal qui décidait de l’installation de la crèche.

Celle-ci a cependant déjà été installée pour la période des fêtes, non pas sur la place, mais le long du cimetière du village, près de l’église, la municipalité cherchant à jouer l’apaisement.

Selon M. Debaye, « la grandeur de la laïcité c’est de respecter toutes les religions en n’en privilégiant aucune. Le maire fait preuve de prosélytisme » en voulant installer cette crèche sur le domaine public.


« La laïcité ne s’aménage pas, il faut traquer ses atteintes partout où elles se trouvent. La religion doit rester dans le domaine du privé », a-t-il prétendu.

Le maire actuel de Montiers, Xavier Deneufbourg, qui a exprimé son incompréhension face à l’attitude de M. Debaye, a refusé de démonter la crèche, arguant que la décision du tribunal ne lui demandait pas explicitement de le faire.

« Aujourd’hui, M. Debaye se plaint de la crèche, mais c’est lui qui autrefois organisait la chasse aux oeufs de Pâques », a réagi M. Deneufbourg.


Claude Debaye a fait appel au préfet, lui demandant de rendre exécutoire la décision du tribunal.


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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 06:42

L'académie de Toulouse a décidé au nom de la laïcité de licencier une enseignante stagiaire qui refusait de retirer son voile islamique pour faire la classe à des élèves de primaire, a annoncé le recteur le 26 novembre.


« J’ai décidé de suivre l’avis de la commission administrative paritaire, qui avait été émis à l’unanimité, et donc de procéder à l’exclusion de service de l’intéressée », a dit le recteur, Olivier Dugrip. Cette exclusion est définitive et revient à un licenciement, a-t-il précisé. A sa connaissance, il s’agit d’une première dans l’académie de Midi-Pyrénées.

 

La jeune femme, dont l’identité n’a pas été révélée, n’a manifesté jusqu’alors aucune intention de contester cette décision. Au contraire, elle l’a acceptée « avec beaucoup de dignité et de responsabilité, elle n’a montré aucune volonté de monter cette affaire en épingle, elle savait ce que sa décision impliquait dans sa vie professionnelle et publique », a affirmé le directeur de la communication du rectorat, Michel Montredon.

 

Le recteur a invoqué « le principe de laïcité qui est affirmé par l’article premier de la Constitution et qui se traduit pour les fonctionnaires par une obligation de neutralité », laquelle leur interdit d’exprimer ou de matérialiser leurs croyances religieuses.
« Or cette personne se présentait revêtue d’un foulard recouvrant l’ensemble de sa chevelure, elle refusait par ailleurs de serrer la main de ses collègues ou des personnes de sexe masculin au nom de ses convictions religieuses », a-t-il dit.

 

Selon des informations concordantes, l’enseignante a réussi son concours en 2001, mais n’avait pas été appelée à faire la classe en raison de différents congés maternité et congés parentaux. Convertie entre-temps à l’islam et arrivée au terme de ses congés, elle s’est présentée à la rentrée de cette année dans une école primaire de Tournefeuille, dans la proche banlieue de Toulouse, pour prendre en charge une classe. Les responsables de l’établissement lui ont demandé de retirer son voile mais elle a refusé.

Une commission ad hoc réunie le 19 novembre en formation disciplinaire avec des représentants des syndicats enseignants et de l’administration a proposé au recteur le licenciement. C’est cet avis que le recteur a suivi.

 

Devant le conseil de discipline, « elle a constamment affirmé ses convictions religieuses, elle a admis les conséquences de sa position, cela n’a fait aucune difficulté, ni pour elle, ni pour les membres de la commission, puisqu’ils se sont prononcés à l’unanimité », a-t-il dit.

Même s’il s’agit d’une première dans la région, la décision ne fera pas jurisprudence, a-t-il souligné, parce qu’il « y a déjà une jurisprudence clairement établie, il y a eu d’autres situations de ce type » ailleurs en France. « C’est l’application pure et simple du droit » et ce cas « s’inscrit dans une ligne jurisprudentielle qui est toujours la même », celle de l’exclusion, a-t-il dit.


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